Sur la trace des Romains
Sur la trace des Romains
C'est un double retour aux sources qu'offrira ce tracé d'une trentaine de kilomètres, au départ de Hirsingue et sans trop grande difficulté, à tous ceux qui aiment pédaler en pleine nature. En empruntant une bonne partie de l'ancienne voie romaine qui reliait Kaiseraugst, près de Bâle, à Argentorium, qui est devenue Strasbourg, il permet tout d'abord de suivre à la trace ces Romains qui ont véritablement organisé la circulation dans la région, il y a quelque deux mille. En sillonnant les hauteurs de Bettendorf et de Willer, notamment, les vététistes actuels retrouveront les chemins empruntés par les pionniers du genre, ce qui est sans doute bien moins connu. C'est en effet au milieu des années 80 que le marchand de cycles altkirchois Yves Theubet, ancien champion de moto-cross, « importa » cette drôle de bicyclette dans la région. Ce qui n'était alors que le « mountain-bike » venait directement des États-Unis où son usage faisait déjà fureur, à en croire la rumeur. Séduit par le large guidon de l'engin, ses gros pneus et les possibilités qu'il offrait pour passer n'importe où, ce passionné de la première heure entraîna dans son sillage tous ceux qui s'y intéressèrent. Au tout début, il n'y avait que deux vélos et Yves Theubet en prêtait un à celui qui voulait bien l'accompagner. Ces machines étant plutôt rudimentaires, il était indispensable d'emmener les outils nécessaires à toutes sortes de réparations. Les crevaisons furent courantes, les pédaliers se desserraient volontiers, les chaînes se brisaient parfois et les dérailleurs se prenaient de temps en temps dans les rayons.
De l'eau jusqu'au cou !
Bref, chaque sortie avait un vrai goût d'aventure et si l'on savait toujours à quelle heure on partait, on n'était jamais sûr de rentrer à celle prévue. Surtout que l'ancien motocrossman se faisait un vrai plaisir de dénicher des secteurs vraiment « galère ». Notre escapade d'aujourd'hui passe justement par l'un de ces endroits. Après un départ devant la mairie de Hirsingue, direction Altkirch, on prend la petite route touristique qui file sur Wittersdorf, à la hauteur de l'Auberge des Trois Vallées, jusqu'à son sommet. On bifurque ensuite à droite vers les champs, sur une voie tout d'abord macadamisée puis tout simplement empierrée. Au premier vrai croisement, on prend la montée à gauche et après deux ou trois cents mètres de descente, on part vers la droite sur une authentique piste VTT très facile à reconnaître. Quand vous avez une vingtaine de centimètres bien lisses au milieu d'un chemin, c'est que vous êtes sur un bout de terre régulièrement emprunté par les cyclistes. Net et propre. Et ça contourne tous les obstacles. Sans dégrader quoi que ce soit, ce qui est plutôt rare en pleine nature ! Au bout de ce ruban qui évite soigneusement de grosses ornières, au passage, on arrive, en continuant pratiquement toujours tout droit, sur l'ancienne voie romaine qui mène au camp de la même époque, sur les hauteurs de Willer. Un tracé que les « pionniers » du VTT empruntèrent sans hésiter, malgré d'immenses mares qui n'étaient pas aux canards !
Vestiges romains
Yves Theubet passait cela en force et sans hésiter. Moins téméraire, l'un de ses premiers sbires resta un jour planté au beau milieu d'une flaque, chuta illico et s'enfonça tant et si bien dans la gadoue que seule sa tête resta hors de l'eau ! La « déviation » mise en place dès lors, juste à côté, est toujours d'actualité. Arrivés au camp romain dont les vestiges restent bien visibles, les plus adroits pourront s'amuser à dévaler les pentes en tous sens. Puis, en sortant de la forêt, ils fileront sur une piste cyclable qui les mènera jusqu'à Muespach, où une descente « d'enfer » leur assurera les frissons qu'ils voudront bien se donner. De descente, il y en aura une autre vers Durmenach, où l'on respectera le « stop » sans hésiter. Après quelques petites grimpées, Riespach, puis Ruederbach, et enfin Hirsingue, où l'on débouchera au Banholzberg, s'aborderont encore par de sacrées plongées.
05/06/06
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